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J'aime la neige éblouissante
Qui couronne les vieilles tours,
Et sur les arbres qu'elle argente :
Courbe la feuille jaunissante,
Dernier souvenir des beaux jours.

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Ses blancs flocons avec mystère
Reposent au toit des maisons,
Et d'une tunique légère
Voilent la face de la terre,
Ainsi que de molles toisons.

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Écoutez ! tout semble immobile,
La neige endort tous les échos ;
Sans bruit passe la foule agile,
Et sur l'enceinte de la ville
Pèse un mystérieux repos.

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La ville est un camp qui sommeille
Avec ses muets pavillons,
Quand le vent n'apporte à l'oreille
Que la voix du soldat qui veille,
Dans l'absence des bataillons.

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C'est une flotte dont la grâce
Fait rêver aux golfes des cieux,
Une blanche flotte qui passe,
Et qui semble au loin dans l'espace
Suivre un astre silencieux.

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L'arbre balancé par l'orage
Est un mât penché sur les mers,
Chaque brise un chant de la plage,
Chaque voix un cri du rivage
Prolongé sur les flots amers.

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Et le soir quand la ville étale
L'éclat de ses mille flambeaux,
C'est une tente triomphale
Qui, dans sa grâce orientale,
Garde la couche d'un héros.

Antoine de Latour 1808-1881